dimanche 12 novembre 2017

Le mystère de l’écrin suite …

..... La porte s’ouvrit sur un homme très âgé et très vouté par les années. Son nez chaussé de bésicles laissait voir deux petits yeux amusés. Il ne semblait pas le moindre du monde surpris de nous voir. Après nous avoir fait entrer dans ce qui semblait être son bureau, il prit délicatement le parchemin et l’étudia avec attention et regarda dans un gros livre couvert de lettres bizarres. Puis songeur, il enleva ses lunettes, prit une profonde respiration et dit :

« Voici ce qu’il  contient : toi qui trouveras ce parchemin, et qui respireras  une pincée de la poudre renfermée dans l'écrin et prononcera en même temps le mot magique Modificati, te verras transformé  en animal, selon tes désirs, et comprendra son langage. Pour reprendre la forme humaine, tu n'auras qu'à  répéter le même mot en tapant trois fois sur le sol.  Mais garde toi bien de rire pendant ta métamorphose, car  le mot magique s'effacerait à tout jamais de ta mémoire, et  animal tu resterais jusqu'à la fin de tes jours. Soyez prudents, il y des mots que je ne reconnais pas. »

à suivre dimanche prochain. Conte protégé.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes

dimanche 5 novembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Le mystère de l’écrin


Comme à mon habitude, je me promenais quand je rencontrais un enfant, assis sur une pierre, le menton dans sa petite main. Je m’approchais et lui demandais :
« dis-moi, pourquoi tu as l'air si triste ? ».
« Monsieur, répliqua le gamin en croisant ses bras sur sa poitrine et en s'inclinant légèrement, je ne sais pas si j'ai l'air triste, mais il y a sur la place du village un marchand vendant de si belles choses, que je me désole de ne pas avoir quelques pièces en poche pour lui en acheter quelques-unes. »
Je proposais au gamin de l’accompagner jusqu’à sa caverne d’Ali Baba. Le marchand se préparait déjà à partir, c’était un camelot à la peau cuivrée qui proposait à la vente quantité de marchandises venues d’Orient. Je m’approchais et demandais avec quelque inquiétude : « avez vous encore des marchandises ? » Le colporteur sourit avec ce qui me sembla un brin de malice et ouvrit un tiroir. Il y prit un écrin qui renfermait une poudre dorée et un petit parchemin couvert de caractères bizarres. « Je tiens ces objets, ajouta le marchand, d'un voyageur qui les a trouvés dans une rue du Caire, près des pyramides. Si vous les désirez, je vous les céderai volontiers à un prix minime, car je n'en ai que faire. » Le gamin avait les yeux agrandis par la proposition. Ce fut pour cette raison, que pour quelques modestes pièces je lui achetais l'écrin et le parchemin. Cependant sa curiosité était excitée par les mystérieuses inscriptions. Moi assez intrigué aussi, je lui demandais : « Ne connaîtrais-tu pas quelqu'un d'assez instruit pour nous lire ce grimoire ? » Le gamin fit la moue tant il réfléchissait et soudain il s’écria : « oui ! Oui ! Venez allons voir le vieux professeur qui a tant de livres bizarres. J’acceptais de le suivre et nous sommes allés frapper à une grosse porte ….


à suivre...



Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.


dimanche 29 octobre 2017


Les voyages du Conteur de Légendes.

La poudre qui donnait des plumes

Un jour que je me promenais dans un arrière pays, je rencontrais un drôle de personnage. Un vieil homme barbu me dépassa d’un pas rapide. Puis il ralentit et  semblait m’attendre. Quand j’arrivais à sa hauteur, il m’adressa tout de suite la parole :
- « C’est vous le conteur de Légendes dont l’épicière m’a parlé qui parcourez la campagne à la recherche de bizarreries ?  Vous venez de faire la rencontre de votre vie ».  
Il me proposa de pousser ma balade jusqu'à l’étang voisin dont les bords étaient parait-il toujours très animés. Il se souvenait surtout d'y avoir souvent vu des hérons qui avaient attiré particulièrement son attention par leurs allures bizarres et les claquements très curieux de leurs becs. Intéressé j’acceptais avec empressement. En nous rapprochant de la pièce d'eau, il s'empressa de me donner l'ordre de bien rester en arrière. A peine arrivés, nous vîmes trois de ces oiseaux qui semblaient tenir conseil, tandis qu'un quatrième se promenait à peu de distance en cherchant des grenouilles.
- « Sur ma barbe, s'exclama le personnage à mi voix, la conversation doit être fort intéressante. Si nous nous faisions canard ? »
N’osant éclater de rire, je déclinais poliment l’invitation. Il haussa les épaules et  tira une  petite boîte de sa poche. Il y prit une pincée de poudre qu'il aspira fortement. Un coup de vent malheureux m’en fit respirer quelques particules. Soudain je vis ses jambes se recroqueviller, devenir  maigres et rougeâtres. Elles se transformèrent en pattes disgracieuses, ses bras en ailes, le cou s’étira,  la barbe disparut et pour terminer le corps se couvrit de plumes.
- « Mes compliments pour votre joli bec », osais-je dire lorsque je fus revenu de mon saisissement, ce qui demanda un certain temps. Je dois avouer que de ma vie je n’avais jamais rien vu d'aussi extraordinaire.
-  « Vous me flattez ! Vous-même avez de jolies plumes ! » Répliqua le bonhomme avec une inclinaison profonde de son long cou.
- « Approchons-nous, afin de voir si nous comprenons réellement le héronais. »
Entre-temps, le héron qui donnait la chasse aux grenouilles avait terminé sans doute son repas. Il avait commencé un bout de toilette tout en revenant du côté des trois autres, à l'un d’eux il dit :
- « Accepteriez-vous un quartier de lézard ou une cuisse de grenouille ? ».
Son compagnon déclina l’offre. Je n’attendis pas la fin de la conversation pour prendre mes jambes humaines  à mon cou couvert de petites plumes.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.


dimanche 22 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite …
L’âme libérée du château.

Quand le soleil se leva, il éclairait un des jours les plus importants de l'existence de notre chouette. Je réfléchissais à ce que le seigneur du lieu et la jeune fille avaient fait, et je n’en dissimulais pas la gravité à la chouette. Je songeais  à la douleur de celui qui avait été blessé, mais que faire? Il était trop tard pour revenir en arrière, le sort en était jeté. La chouette reprit gravement qu’elle ne pouvait oublier un instant le poids qui avait dû accabler son amoureux éconduit. Le soir revenait, le temps n’avait pas de prise sur nous. Le soleil disparut derrière la colline. La lune magnifique se leva nimbée de brume. Un silence absolu se fit. Et soudain, un bruit d’aile nous fit tourner la tête vers la fenêtre. Une autre chouette se tenait sur le bord de la tablette de pierre. Elle était très tranquille et nous fixait intensément.
Tout à coup elle nous parla :
- « vois-tu ma princesse, quand je t’ai fait boire cette potion diabolique  qui t’accable, ma peine fut si grande que je ne pu me résoudre à te perdre. Aussi, je bus de ce breuvage qui a fait ce que je suis, et depuis je vis dans l’ombre, au fond du trou de l’arbre face à ta chambre. Je veille sur toi en soupirant, attendant que tu veuilles bien me pardonner. »
Avant que je puisse dire un mot, les deux oiseaux s’étaient retrouvés. En  rapprochant leurs têtes, leurs yeux se fermèrent de joie devant ce bonheur inespéré qui s’offrait à eux. Je me sentais tout à coup étranger à cet évènement. Alors je disparus  sur la pointe des pieds.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

dimanche 15 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite …

L’âme libérée du château.

Je fus réveillé au petit matin par un bruissement d’ailes.  J’ouvrais les yeux quand je vis la chouette revenue se poser sur le bord de la fenêtre. Elle me regardait bizarrement. Qu’elle ne fut pas mon étonnement quand elle m’adressa la parole. Elle me raconta son histoire. Sache étranger que le sort ne m’a point épargnée, je me nomme Elina et je suis la seconde fille du seigneur de Mensberg. Un jour il invita un troubadour qui était en réalité un enchanteur. Il tomba amoureux de moi et demanda ma main à mon père. Mon père l’a très mal pris et l’a fait jeter dehors. Il faut dire que j’ai ri comme une sotte que j’étais. L’enchanteur en a gardé sans doute de cet affront un très vif ressentiment. Par la suite il a su se glisser dans mon entourage sous le déguisement d’un valet et un jour que j’avais demandé des rafraichissements  m’a fait prendre un breuvage qui m’a transformé en cet oiseau nocturne sous la forme que vous me voyez maintenant. Avant de s’éloigner il me cria que je resterai ainsi sans jamais sortir à la lumière du jour.  Ce sera ma vengeance contre ton orgueilleux père et contre toi petite sotte. Depuis  lors, bien des semaines ont passé. Ma vie s'écoule triste et solitaire entre ces murs. La lumière du soleil m’aveugle et seule la nuit m’est douce et accueillante….
A suivre ….


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

samedi 7 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

L’âme du château.

En ce jour, après une trop longue marche,  j’aperçus des ruines dans une vallée au-dessous de moi. Je me suis dit que c'était là sans doute un endroit qui pourrait peut-être m’abriter. La nuit ne tarderait pas à tomber et comme personne ne m’attendait, je décidais de me diriger de ce côté. Le lieu que j’avais choisi pour m'y reposer paraissait être un très ancien magnifique château. D’élégantes colonnes se dressaient encore çà et là au milieu des décombres, et quelques appartements, assez bien conservés témoignaient des splendeurs passées de cette demeure. Je cherchais un lieu qui pourrait m’offrir un relatif confort pour la nuit quand j’entendis un véritable sanglot. Il semblait sortir d'une poitrine non pas humaine, enfin c’est ce qui me paraissait, mais plutôt, disons, de celle d'un animal. Je pris la direction d'où venait la plainte et je m’engageais sans trop hésiter dans un long couloir très sombre. Je me retrouvais bien vite devant une très belle porte sculptée qui était entrebâillée, et derrière laquelle venaient ces tristes plaintes. Je la poussais et restais pris d'étonnement sur le seuil. Dans une chambre délabrée, qu'éclairait mal une fenêtre, je vis, posée à même le sol, une grande chouette prisonnière dans une sorte de filet abandonné là, depuis des lustres. Elle avait de grosses larmes qui remplissaient ses grands yeux ronds, et son bec recourbé laissait échapper des sons inarticulés avec une voix enrouée et épuisée. Quand elle me vit, elle s’immobilisa et me fixa. Je m’approchais doucement, et délicatement je la libérais de son piège. Dès qu’elle retrouva sa liberté, elle jeta un cri strident qui me semblait être de joie. Elle s'essuya délicatement les yeux avec ses grandes ailes bordées de roux. Puis elle s’approcha de la fenêtre ouverte sur la forêt, se tourna vers moi et à mon grand étonnement s’inclina dans une profonde révérence, comme on devait le faire autre fois, du temps de la splendeur du château. Elle prit son envole dans la nuit déjà bien avancée. Le château bienveillant, semblait m’inviter à m’installer, ce que je fis.  


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.