dimanche 12 novembre 2017

Le mystère de l’écrin suite …

..... La porte s’ouvrit sur un homme très âgé et très vouté par les années. Son nez chaussé de bésicles laissait voir deux petits yeux amusés. Il ne semblait pas le moindre du monde surpris de nous voir. Après nous avoir fait entrer dans ce qui semblait être son bureau, il prit délicatement le parchemin et l’étudia avec attention et regarda dans un gros livre couvert de lettres bizarres. Puis songeur, il enleva ses lunettes, prit une profonde respiration et dit :

« Voici ce qu’il  contient : toi qui trouveras ce parchemin, et qui respireras  une pincée de la poudre renfermée dans l'écrin et prononcera en même temps le mot magique Modificati, te verras transformé  en animal, selon tes désirs, et comprendra son langage. Pour reprendre la forme humaine, tu n'auras qu'à  répéter le même mot en tapant trois fois sur le sol.  Mais garde toi bien de rire pendant ta métamorphose, car  le mot magique s'effacerait à tout jamais de ta mémoire, et  animal tu resterais jusqu'à la fin de tes jours. Soyez prudents, il y des mots que je ne reconnais pas. »

à suivre dimanche prochain. Conte protégé.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes

dimanche 5 novembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Le mystère de l’écrin


Comme à mon habitude, je me promenais quand je rencontrais un enfant, assis sur une pierre, le menton dans sa petite main. Je m’approchais et lui demandais :
« dis-moi, pourquoi tu as l'air si triste ? ».
« Monsieur, répliqua le gamin en croisant ses bras sur sa poitrine et en s'inclinant légèrement, je ne sais pas si j'ai l'air triste, mais il y a sur la place du village un marchand vendant de si belles choses, que je me désole de ne pas avoir quelques pièces en poche pour lui en acheter quelques-unes. »
Je proposais au gamin de l’accompagner jusqu’à sa caverne d’Ali Baba. Le marchand se préparait déjà à partir, c’était un camelot à la peau cuivrée qui proposait à la vente quantité de marchandises venues d’Orient. Je m’approchais et demandais avec quelque inquiétude : « avez vous encore des marchandises ? » Le colporteur sourit avec ce qui me sembla un brin de malice et ouvrit un tiroir. Il y prit un écrin qui renfermait une poudre dorée et un petit parchemin couvert de caractères bizarres. « Je tiens ces objets, ajouta le marchand, d'un voyageur qui les a trouvés dans une rue du Caire, près des pyramides. Si vous les désirez, je vous les céderai volontiers à un prix minime, car je n'en ai que faire. » Le gamin avait les yeux agrandis par la proposition. Ce fut pour cette raison, que pour quelques modestes pièces je lui achetais l'écrin et le parchemin. Cependant sa curiosité était excitée par les mystérieuses inscriptions. Moi assez intrigué aussi, je lui demandais : « Ne connaîtrais-tu pas quelqu'un d'assez instruit pour nous lire ce grimoire ? » Le gamin fit la moue tant il réfléchissait et soudain il s’écria : « oui ! Oui ! Venez allons voir le vieux professeur qui a tant de livres bizarres. J’acceptais de le suivre et nous sommes allés frapper à une grosse porte ….


à suivre...



Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.


dimanche 29 octobre 2017


Les voyages du Conteur de Légendes.

La poudre qui donnait des plumes

Un jour que je me promenais dans un arrière pays, je rencontrais un drôle de personnage. Un vieil homme barbu me dépassa d’un pas rapide. Puis il ralentit et  semblait m’attendre. Quand j’arrivais à sa hauteur, il m’adressa tout de suite la parole :
- « C’est vous le conteur de Légendes dont l’épicière m’a parlé qui parcourez la campagne à la recherche de bizarreries ?  Vous venez de faire la rencontre de votre vie ».  
Il me proposa de pousser ma balade jusqu'à l’étang voisin dont les bords étaient parait-il toujours très animés. Il se souvenait surtout d'y avoir souvent vu des hérons qui avaient attiré particulièrement son attention par leurs allures bizarres et les claquements très curieux de leurs becs. Intéressé j’acceptais avec empressement. En nous rapprochant de la pièce d'eau, il s'empressa de me donner l'ordre de bien rester en arrière. A peine arrivés, nous vîmes trois de ces oiseaux qui semblaient tenir conseil, tandis qu'un quatrième se promenait à peu de distance en cherchant des grenouilles.
- « Sur ma barbe, s'exclama le personnage à mi voix, la conversation doit être fort intéressante. Si nous nous faisions canard ? »
N’osant éclater de rire, je déclinais poliment l’invitation. Il haussa les épaules et  tira une  petite boîte de sa poche. Il y prit une pincée de poudre qu'il aspira fortement. Un coup de vent malheureux m’en fit respirer quelques particules. Soudain je vis ses jambes se recroqueviller, devenir  maigres et rougeâtres. Elles se transformèrent en pattes disgracieuses, ses bras en ailes, le cou s’étira,  la barbe disparut et pour terminer le corps se couvrit de plumes.
- « Mes compliments pour votre joli bec », osais-je dire lorsque je fus revenu de mon saisissement, ce qui demanda un certain temps. Je dois avouer que de ma vie je n’avais jamais rien vu d'aussi extraordinaire.
-  « Vous me flattez ! Vous-même avez de jolies plumes ! » Répliqua le bonhomme avec une inclinaison profonde de son long cou.
- « Approchons-nous, afin de voir si nous comprenons réellement le héronais. »
Entre-temps, le héron qui donnait la chasse aux grenouilles avait terminé sans doute son repas. Il avait commencé un bout de toilette tout en revenant du côté des trois autres, à l'un d’eux il dit :
- « Accepteriez-vous un quartier de lézard ou une cuisse de grenouille ? ».
Son compagnon déclina l’offre. Je n’attendis pas la fin de la conversation pour prendre mes jambes humaines  à mon cou couvert de petites plumes.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.


dimanche 22 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite …
L’âme libérée du château.

Quand le soleil se leva, il éclairait un des jours les plus importants de l'existence de notre chouette. Je réfléchissais à ce que le seigneur du lieu et la jeune fille avaient fait, et je n’en dissimulais pas la gravité à la chouette. Je songeais  à la douleur de celui qui avait été blessé, mais que faire? Il était trop tard pour revenir en arrière, le sort en était jeté. La chouette reprit gravement qu’elle ne pouvait oublier un instant le poids qui avait dû accabler son amoureux éconduit. Le soir revenait, le temps n’avait pas de prise sur nous. Le soleil disparut derrière la colline. La lune magnifique se leva nimbée de brume. Un silence absolu se fit. Et soudain, un bruit d’aile nous fit tourner la tête vers la fenêtre. Une autre chouette se tenait sur le bord de la tablette de pierre. Elle était très tranquille et nous fixait intensément.
Tout à coup elle nous parla :
- « vois-tu ma princesse, quand je t’ai fait boire cette potion diabolique  qui t’accable, ma peine fut si grande que je ne pu me résoudre à te perdre. Aussi, je bus de ce breuvage qui a fait ce que je suis, et depuis je vis dans l’ombre, au fond du trou de l’arbre face à ta chambre. Je veille sur toi en soupirant, attendant que tu veuilles bien me pardonner. »
Avant que je puisse dire un mot, les deux oiseaux s’étaient retrouvés. En  rapprochant leurs têtes, leurs yeux se fermèrent de joie devant ce bonheur inespéré qui s’offrait à eux. Je me sentais tout à coup étranger à cet évènement. Alors je disparus  sur la pointe des pieds.


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

dimanche 15 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite …

L’âme libérée du château.

Je fus réveillé au petit matin par un bruissement d’ailes.  J’ouvrais les yeux quand je vis la chouette revenue se poser sur le bord de la fenêtre. Elle me regardait bizarrement. Qu’elle ne fut pas mon étonnement quand elle m’adressa la parole. Elle me raconta son histoire. Sache étranger que le sort ne m’a point épargnée, je me nomme Elina et je suis la seconde fille du seigneur de Mensberg. Un jour il invita un troubadour qui était en réalité un enchanteur. Il tomba amoureux de moi et demanda ma main à mon père. Mon père l’a très mal pris et l’a fait jeter dehors. Il faut dire que j’ai ri comme une sotte que j’étais. L’enchanteur en a gardé sans doute de cet affront un très vif ressentiment. Par la suite il a su se glisser dans mon entourage sous le déguisement d’un valet et un jour que j’avais demandé des rafraichissements  m’a fait prendre un breuvage qui m’a transformé en cet oiseau nocturne sous la forme que vous me voyez maintenant. Avant de s’éloigner il me cria que je resterai ainsi sans jamais sortir à la lumière du jour.  Ce sera ma vengeance contre ton orgueilleux père et contre toi petite sotte. Depuis  lors, bien des semaines ont passé. Ma vie s'écoule triste et solitaire entre ces murs. La lumière du soleil m’aveugle et seule la nuit m’est douce et accueillante….
A suivre ….


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

samedi 7 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

L’âme du château.

En ce jour, après une trop longue marche,  j’aperçus des ruines dans une vallée au-dessous de moi. Je me suis dit que c'était là sans doute un endroit qui pourrait peut-être m’abriter. La nuit ne tarderait pas à tomber et comme personne ne m’attendait, je décidais de me diriger de ce côté. Le lieu que j’avais choisi pour m'y reposer paraissait être un très ancien magnifique château. D’élégantes colonnes se dressaient encore çà et là au milieu des décombres, et quelques appartements, assez bien conservés témoignaient des splendeurs passées de cette demeure. Je cherchais un lieu qui pourrait m’offrir un relatif confort pour la nuit quand j’entendis un véritable sanglot. Il semblait sortir d'une poitrine non pas humaine, enfin c’est ce qui me paraissait, mais plutôt, disons, de celle d'un animal. Je pris la direction d'où venait la plainte et je m’engageais sans trop hésiter dans un long couloir très sombre. Je me retrouvais bien vite devant une très belle porte sculptée qui était entrebâillée, et derrière laquelle venaient ces tristes plaintes. Je la poussais et restais pris d'étonnement sur le seuil. Dans une chambre délabrée, qu'éclairait mal une fenêtre, je vis, posée à même le sol, une grande chouette prisonnière dans une sorte de filet abandonné là, depuis des lustres. Elle avait de grosses larmes qui remplissaient ses grands yeux ronds, et son bec recourbé laissait échapper des sons inarticulés avec une voix enrouée et épuisée. Quand elle me vit, elle s’immobilisa et me fixa. Je m’approchais doucement, et délicatement je la libérais de son piège. Dès qu’elle retrouva sa liberté, elle jeta un cri strident qui me semblait être de joie. Elle s'essuya délicatement les yeux avec ses grandes ailes bordées de roux. Puis elle s’approcha de la fenêtre ouverte sur la forêt, se tourna vers moi et à mon grand étonnement s’inclina dans une profonde révérence, comme on devait le faire autre fois, du temps de la splendeur du château. Elle prit son envole dans la nuit déjà bien avancée. Le château bienveillant, semblait m’inviter à m’installer, ce que je fis.  


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

Une nouvelle aventure  !!!

samedi 30 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes
Il cherchait son trésor
Assis sur un banc après une longue marche, je fus un peu surpris quand une vieille dame  vint partager mon lieu de repos. La conversation s’engagea rapidement. J’avais affaire à une bavarde qui rapidement me passionna. Elle discutait des histoires passées de sa commune et puis, elle me parla d’elle-même.
- « Savez vous, me dit-elle qu’un jour mon papa s’arrêta dans ce village ? Il faut que je vous raconte. On ne sait pas d’où il venait, et il ne l’a jamais dit, même à moi, sa fille préféré. ». Elle sourit en ajoutant :
-« je suis restée fille unique. Tout ce qu’on a appris, c’est que tout enfant, il avait marché pendant deux journées complètes. Il allait tout droit devant lui, sans s’inquiéter du lieu où il arriverait puisqu'il cherchait semble-t-il fortune. Ainsi, lorsqu'il apercevait quelque morceau de verre étincelant au soleil, il le ramassait avec la conviction d'avoir mis la main sur un diamant de belle taille. Quand il voyait à l'horizon une petite forêt, il se précipitait, croyant faire son entrée dans une contrée merveilleuse. Finalement, ce petit homme avait senti la fatigue le mordre aux mollets et la faim lui tordre l’estomac. Durant deux jours, il avait  marché sans avoir découvert la fortune ni rencontré aucune fée et surtout, sans avoir rien eu à se mettre sous la dent, hormis les quelques fruits cueillis aux arbres du chemin. Déjà, il commençait à se désespérer lorsque, le matin du troisième jour, le village apparut. Il s’approchait de la maison la plus modeste dont les tuiles brillaient au soleil comme autant de diamants. A l’instant où il allait frapper à la porte, elle s'ouvrit. Une multitude de chiens et de chats  sortaient  de nulle part et sans se faire répéter l'invitation, ils entaient en se bousculant. Le gamin restait un moment indécis, se demandant s'il devait les imiter, puis il se décida à suivre deux jeunes chatons qui, à en juger d'après leur empressement, étaient sans doute des hôtes habituels du logis. Quelqu’un qui passait entendit parait-il :
- D'où sors-tu donc pauvre enfant ? Entre donc !».
 La vieille dame me regarda, se leva et avant de partir, dans un merveilleux sourire me confia que son papa n’était jamais reparti.  

Christian LUZERNE Conteur de Légendes – texte protégé.

dimanche 24 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Le héron qui parlait

Un héron, planté entre les grandes herbes donnait la chasse aux grenouilles. Il avait terminé sans doute son repas, car il avait commencé un bout de toilette tout en s’approchant des pêcheurs qui taquinaient le goujon.
Au nombre de trois, ils étaient abîmés dans la contemplation de leurs bouchons qui  demeuraient étrangement immobiles.
Ils sursautèrent très étonnés quand le héron s’adressa à eux :
 D’une douce voix il leur dit :
- « Bonjour, comme vous êtes matinaux  aujourd'hui ! La pêche est-elle bonne ? »
- « Bof !!!  Fit l’un des pêcheurs sans se démonter, mettant cette bizarrerie sur le compte de petits rhums qui devaient les réchauffer »
Le héron poursuivit avec malice :
- « Accepteriez-vous un quartier de lézard ou une cuisse de grenouille ? »
Les pécheurs en furent encore plus surpris et l’un d’eux, le plus  grognon, lui répliqua:
- « Merci bien, nous n’avons pas faim. »
Et le héron s’élança dans une série de sautillements qui ressemblaient à une danse.
Sa gaieté se communiqua aux pêcheurs et ils se mirent à rire de bon cœur, oubliant la bizarrerie de la situation.
Ils le virent se dresser sur une seule patte et battre des ailes avec frénésie. Ils éclatèrent d'un rire impossible à contenir plus longtemps. L’un des  pêcheurs, celui à la grosse moustache  fut le premier à retrouver son sérieux et sembla oublier le volatile.
Alors le héron s’envola sans plus s’occuper d’eux.
- «  Voilà une scène à laquelle, je n'aurais pas voulu manquer pour tout l'or du monde, s'écria-il. C'est dommage que ce héron soit aussi susceptible. Il aurait peut-être  chanté. »
Et très sérieux, ils reportèrent leurs regards sur les bouchons qui demeuraient étrangement immobiles.

Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé. 

vendredi 22 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Vieilles paroles retrouvées
La puissance de l'œil sur les divers animaux carnassiers : lions, panthères, etc., qui, après quelque temps de lutte, fuyaient ce regard en se retirant au plus profond de leur tanière. Et, de nos jours, une jeune dame que nous connaissons, oblige, par son regard, le grand lion à se coucher et à ramper devant elle dans un état d'humble soumission.
Le loup perd sa férocité s'il est vu par l'homme avant de voir celui-ci.

En Sologne, lorsqu'un serpent atteint l'âge de sept ans sans avoir été vu de personne, il lui pousse des ailes.

mercredi 20 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Vieilles paroles retrouvées
Un officier anglais se trouva, sans arme à feu, en face d'un tigre dans l'Inde, ayant entendu dire que le tigre est quelquefois tenu en échec par le regard, il le fixa. En peu d'instants, l'animal qui s'apprêtait à bondir s'écarta un peu et chercha à saisir son ennemi par derrière, mais l'officier tourna constamment en même temps que lui, celui-ci s'efforçait d'éviter son regard et, tapi dans un buisson ou se déplaçant fréquemment, il resta plus d'une heure à tâcher de saisir l'officier par surprise, découragé enfin, il quitta la place. Le lion lui-même recule et s'éloigne lorsqu'en plaine l'homme s'arrête et le regarde fixement sans abaisser les paupières.

Ce qui explique beaucoup de disparitions, belle journée à fixer son ennemi ...

dimanche 17 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Anciennes paroles retrouvées.
La Troglodyte et le Loup.

La troglodyte s'était abritée dans le trou d'un mur contre la froidure de l'hiver ou contre la chaleur de l'été, peu nous importe. Le loup l'aperçut :
-  Troglodyte, sors, sors !
 - Oui, mais tu me goberais !
-  Sors, sors !
-  Non, non !  Sors, te dis-je ! 
-  Jure que tu ne me feras pas de mal ?
-  Je ne te toucherai pas avec mes dents, dit le loup en levant la patte droite.
La troglodyte rassurée sortit de son abri. Ce fut la cause de sa perte car le loup oubliant aussitôt sa parole n'en fit qu'une bouchée et vivante l'engloutit dans son estomac. Au fond de cet entonnoir l'oiselet criait de toutes ses forces : 
- Parjure, Parjure ! 
Le loup ne put supporter longtemps ces reproches si outrageants pour sa réputation. Il ouvrit la gueule pour répondre :
-  Si je suis parjure je m'en moque !
Et zoup ! La troglodyte sortit et d'un léger coup d'aile elle fut dans le trou du mur où elle sifflote encore.


 Conté par CAZENOBE,  en 1896.

jeudi 14 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Anciennes paroles retrouvées.
La femme.
On connaît l'apostrophe de Diderot à Thomas, qui venait de publier un Essai sur les femmes : « quand on veut écrire les femmes, il faut, monsieur Thomas, tremper sa plume dans l'arc-en-ciel et secouer sur sa ligne la poussière des ailes du papillon. » Brillant, svelte et gracieux, l'arc-en-ciel a en effet quelque chose de féminin, la femme semblant en correspondance naturelle avec tout ce qu'il y a de joli de par le monde.

Tout est dit, belle soirée en arc en ciel.

dimanche 10 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Les fées de Malling.

Il existe dans la commune de Malling , un petit coteau près de la rue des Bosquets. Un jour, des paysans, conduisant leurs troupeaux , aperçurent des fées qui remuaient des pièces d'or à la pelle. C'était sans doute pour les empêcher de rouiller ou de moisir qu'elles les étendaient ainsi au soleil. Qu'on juge de l'étonnement des bonnes gens en voyant autant d'or, eux qui en avaient eu si rarement dans leurs pochettes. Ils regardaient cela d'un air de convoitise, lorsque l'une des fées leur dit : Nous vous permettons d'en prendre autant que vous pourrez en emporter, L'un des paysans s'empressa de remplir ses poches, tandis que l'autre dévalait la butte au galop pour aller chercher un tombereau afin d'en emporter davantage. Hélas ! Quand ce dernier revint, le champs était désert. Il n'y avait plus ni fées ni or. Son compagnon, plus heureux que lui, s'en était allé riche comme un marchand de cochons, ce qui prouve une fois de plus qu'il faut savoir être raisonnable ici-bas.


Belle semaine en étant raisonnable comme le dit la petite histoire .

jeudi 7 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Vieux textes retrouvés.

Les superstitions.

"N'a-t-on pas vu naguère les gens des campagnes attribuer aux chemins de fer, lors de leur première apparition dans une contrée, une influence dévastatrice sur les récoltes ? Les nouvelles machines marchaient comme des êtres fantastiques, leur imputer la perte accidentelle d'une récolte sur pied placée non loin de leur passage était une chose en quelque sorte logique pour des populations incultes et superstitieuses. Qu'on ajoute à ce sentiment l'esprit de réaction contre toute nouveauté, qu'inspire la routine aux ignorants, et on s'expliquera comment des idées si absurdes ont pu se faire jour. Aux environs de Montpellier même, de pareilles croyances ont régné quelques instants."

Dr C. CAVALIER, Etude médico-psychol. sur la croyance aux sortilèges. Montpellier, 1868


Belle journée sans avoir peur de l'inconnu.

mercredi 6 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Suite de la bête de la Lohière

Il y avait cependant un moyen d'éviter ses maléfices et pour cela il suffisait de lui adresser des compliments. Elle était sensible aux louanges, si au lieu de l'injurier on lui disait bien gentiment : « Te voilà, belle Jeannette, laisse-moi, ne me fais pas de mal, je t'aime bien, je suis ton ami, etc. » Alors elle s'en allait tranquillement, ou même s'employait à votre service si vous en aviez besoin. Sa rage est aujourd'hui assouvie. On n'entend plus parler d'elle, et il n'y a guère que les ivrognes, revenant des foires et des marchés, qui affirment l'avoir rencontrée. Mais les habitants de Loutehel et même de tout le canton de Maure vous déclareront, quand vous voudrez, que leurs pères ou leurs grands-pères ont été maltraités par la bête de la Lohière, il n'y a pas plus de cinquante ans.
FIN ....en attendant une autre histoire ...
A bientôt. Belle journée pleine de belles histoires.


lundi 4 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite de la bête de la Lohière
Mal lui en prit : le mouton qui semblait tout petit s'allongea soudain, grossit à vue d’œil, s'élança sur l'homme, lui posa les pieds de devant sur les épaules en cherchant à l'écraser de son poids qui devenait de plus en plus lourd. « C'est la Biffardière» , pensa Moinard, et, comme il avait entendu dire qu'elle n'avait plus aucun pouvoir dans le cimetière à cause  du lieu, il s'en approcha insensiblement et parvint bientôt à franchir la pierre qui l'en séparait. En effet, le mouton s'enfuit ; mais, chaque fois que le sacristain cherchait à sortir, soit d'un côté, soit d'un autre, il rencontrait toujours le bélier qui lui montrait ses cornes. Force lui fut de passer la nuit au milieu des tombes. Jeannette se promenait aussi souvent dans les appartements du château de la Lohière où elle éteignait les lumières, enlevait les couvertures des lits, jetait les dormeurs par terre ou frappait ceux qui, le jour, s'étaient moqués d'elle.

à suivre.... 

dimanche 3 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Suite de la bête de la Lohière

Un pauvre diable qui y avait été jeté par Jeannette de la Biffardière y resta trois jours. Il y rencontra des monstres affreux qui le poursuivirent jusque sous le bourg de Loutehel. Ce ne fut que le soir du troisième jour qu'il put leur échapper et qu'il revint à la surface du lac. Lorsqu'un pâtre allait chercher ses bêtes aux champs, il devait prendre de grandes précautions pour les ramener sans les frapper, car, s'il avait le malheur de toucher du fouet ou de la gaule la bête de la Lohière, cachée sous la peau de l'un de ces animaux, elle le rouait de coups et le laissait gisant par terre, mort ou évanoui. Les charretiers et les pâtres n'étaient pas seuls à rencontrer Jeannette, toutes les personnes voyageant la nuit étaient exposées à la voir tantôt sous une forme, tantôt sous une autre. Un soir, Moinard, le sacristain de Loutehel, trouva dans le bourg, près du cimetière entourant l'église, un mouton qui lui barra le passage.
à suivre.

Bonne nuit ....

samedi 2 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

Suite de la bête de la Lohière

Elle est revenue pendant des siècles sous toutes formes d'animaux. Un charretier allait-il chercher son cheval à la pâture, aussitôt qu'il l'avait enfourchée, la bête partait à fond de train vers l'étang du Loup-Borgnard dans lequel elle se précipitait et disparaissait complètement. Aucun obstacle ne pouvait l'arrêter. On la voyait bientôt reparaître sur l'autre rive, en riant aux éclats, pendant que le cavalier se noyait s'il ne savait nager. Cet étang du Loup-Borgnard, qui existe toujours, est, dit-on, sans fond.

à suivre


Belle nuit sous la lune ricanant.

vendredi 1 septembre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.
Suite de la bête de la Lohière
A quelque temps de là, la méchante fille mourut à la grande satisfaction de tous, mais, comme sa vie avait été trop courte pour faire le mal qu'elle avait projeté, elle continua, longtemps après sa mort, à faire de la misère au pauvre monde. Elle est revenue pendant des siècles sous toutes formes d'animaux.
à suivre
Belle nuit sans cauchemars.


jeudi 31 août 2017

Suite de la bête de la Lohière

La châtelaine de Querbiquet invita un jour la belle Jeannette à dîner chez elle. Celle-ci s'y rendit, emmenant avec elle nombreuse et brillante société, mais, lorsqu'elle vit que les invités de Querbiquet étaient tous les pauvres du pays, elle entra dans une colère extrême, injuria sa sœur et partit précipitamment en jurant de ne jamais la revoir. Fort heureusement pour les convives déguenillés, Jeannette avait laissé ses chiens à la maison !

A suivre…

Bonne soirée en attendant la suite …



mercredi 30 août 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

La bête de la Lohière.

Le château de la Lohière, en Loutehel, dans l'arrondissement de Redon, appartint autrefois à Jeannette de Biffardière, une belle fille dans son temps, paraît-il, mais aussi méchante qu'elle était belle. Jeannette s'en allait toujours escortée de deux chiens, grands comme des génisses, qu'elle excitait et lançait sur les personnes qui lui déplaisaient et qui ne tardaient pas à être dévorées par les molosses. Les étrangers ou les malheureux qui se permettaient d'entrer au château sans la permission de Madame de la Biffardière ne reparaissaient plus dans le pays. Ils étaient ou mangés par les chiens ou jetés dans les étangs quand les animaux étaient repus. Cette femme était, en un mot, la terreur de la contrée. A une lieue de la Lohière se trouvait le château de Querbiquet habité par une autre demoiselle de la Biffardière, soeur de la précédente, mais qui était, elle, une véritable sainte. On eût dit qu'elle avait été créée et mise au monde pour racheter les fautes de sa sœur.


à suivre


mardi 29 août 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

LA FÉE MÉLUSINE SUITE ....

Mais là fée outragée n'a pas cessé d'habiter le rocher sur lequel s'élevait autrefois le château, ce qu'on appelle aujourd'hui le Bouc où, suivant d'autres, elle habite le puits profond qui servait aux besoins du château et dont on montre encore l'orifice. De nombreuses légendes couraient encore récemment sur elle, quand on n'avait pas encore détruit les fortifications du Bouc, la tour ronde qu'on appelait la tour de Mélusine, et la porte sombre qui donnait accès, du Bouc, au faubourg de Clausen. Les petites filles de Clausen avaient grand'peur de traverser cette porte, parce que Mélusine leur apparaissait souvent par une ouverture profonde et noire qui se trouvait à gauche de cette porte. Elles attendaient qu'une grande personne vînt à passer pour marcher derrière elle ou bien elles se réunissaient par bandes mais il suffisait que l'une d'elles s'écriât: « Voici Mélusine! » pour qu'une terreur folle s'emparât de toutes.  à suivre ...

Belle journée pleine de contes.


lundi 28 août 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

LA FÉE MÉLUSINE

Une vieille légende de France, ou plutôt, c'est une légende française transplantée à Luxembourg. Le premier comte de Luxembourg, Sigefroi, aurait épousé une fée du nom de Mélusine, sous la condition expresse de ne pas chercher à la voir le samedi. Un samedi pourtant, la curiosité l'emporte, il regarde par le trou de la serrure : sa femme est dans un baquet, occupée à peigner ses blonds cheveux, mais son corps se termine par une queue de poisson ! Sigefroi pousse un cri, et Mélusine disparaît pour ne plus revenir. La légende était bien populaire et bien nationale, car Luther, dans ses Propos de table, discute sérieusement la question de savoir
« si la Mélusine de Luxembourg était bien vraiment un succube ou un démon ».


Belle journée sans regarder par les trous de serrure.

vendredi 25 août 2017

Les voyages du Conteur de Légendes

Sorcellerie.

Auprès d'Irkoutsk se trouve un rocher que les Bouriates appellent le magicien et dont ils n'osent approcher. Au Groenland, certains météores, nommés sorciers de feu, sont des magiciens qui habitent des rochers au bord de la mer. Les sorciers iroquois peuvent se métamorphoser en bois pourri. Dans d'autres contrées le danger n'est pas moindre : les Mangandjas de l'Afrique centrale croient qu'un sorcier peut transmettre à un objet quelconque le pouvoir de faire le mal .

jeudi 24 août 2017

LES VOYAGES DU CONTEUR DE LÉGENDES.

Objets inanimés suite ...

 Les formes adoptées pour ces métamorphoses varient selon les époques et les localités. Aujourd'hui, en Allemagne, les sorcières assument de préférence les formes de balais enflammés voltigeant dans l'air, de roue, de chapeau qui roule sur le sol, de belles pommes rouges et de feux-follets, en Russie, celles de pierres, de bottes de foin et de pelotes de fil. Les nuages et les trombes peuvent renfermer des sorciers ou être des sorciers métamorphosés. Dans l'Arabie méridionale, les Djinns se transforment en arbres, pierres, tourbillons de poussière, trombes d'eau, éclairs, etc.