dimanche 25 juin 2017

Les voyages du Conteur de Légendes

Les pièces d'or pêchées


Ce fut un matin  au bord de la Moselle il y a bien longtemps. Péchant à la ligne, un jeune garçon ramena ce qu’il crut tout d’abord être un gros poisson. Hélas ça n’en avait pas la tête, mais plutôt une sorte de boite qui s’était prise dans son hameçon. Il allait la rejeter quand il entendit un drôle de bruit venant de l’intérieur, il sentit alors qu'elle contenait quelque chose de lourd. Il souleva avec quelques difficultés le couvercle : sur un lit de soie il y avait trois pièces d’or. Un morceau de parchemin enveloppait l'or. Il déchiffra tant bien que mal que ces  pièces étaient exceptionnelles, puisqu'elles ne consentaient pas à être dépensée. Sinon, les pièces fondaient entre les doigts pour revenir ensuite attendre dans leur coffre des occasions meilleures … Le gamin ramena en courant son trésor chez lui et raconta les circonstances de sa trouvaille à sa maman qui à ce moment là faisait une grosse galette. Après l’avoir attentivement écouté elle lui et dit que ce serait dommage de les perdre ainsi. Elle faisait comme beaucoup de mamans deux choses en même temps, la galette et regardait attentivement l’une des pièces du coffret. A la surprise de tous, l’épaisse galette tourna sur elle même et retomba parfaitement dans la poêle. La maman lâcha la pièce qui tomba dans la pâte. Il fallut attendre de manger la galette pour la retrouver. Tout le monde en fut très surpris et ainsi l’habitude était donnée de mettre une pièce d’or ou autre chose dans les galettes … 

Christian LUZERNE Conteur de Légendes.


dimanche 18 juin 2017

Les voyages du conteur de légendes

Le repas de la fête des pères

Je me promenais dans ce village pas si éloigné de chez moi quand, trop  curieux je m‘approchais d’une fenêtre restée ouverte d’où s’échappait un fumet à damner un saint comme on le dit chez moi. Ils étaient cinq, le père, la mère et trois enfants. A cette tombée de la nuit, ils étaient réunis  autour d'une vaste soupière d'où montaient jusqu'aux solives brunes du plafond des nuages chargés de la bonne odeur d'une potée riche en viande, d’un amoncellement de choux, de pommes de terre, de haricots, écroulés sur une montagne de lard rose. Ils restaient silencieux, chacun tirant à soi un morceau. La maman, une petite dame très brune, le père moustachu et très silencieux et les enfants affamés les yeux brillants de plaisir. Le père sorti un couteau de sa poche et coupa une tomate magnifiquement rouge, on l’aurait dit  cuite et recuite par le soleil de leur potager.  Il la donna à la toute petite qui gloussait de plaisir. Puis il prit une miche de pain lourde comme une pierre, et commença à en couper des tranches épaisses comme sa main d’ouvrier tailleur de pierres. Il prit la cruche et  se servit un grand verre de vin, puis un autre, il en profitait, c’était la fête des pères. Un peu gris comme on le dit dans notre village, lui l’homme silencieux et avare de démonstrations,  se laissa aller à une confidence : savez vous que je vous aime plus que tout !  J’en eu les larmes aux yeux.  Je ne sais pas si c’était l’odeur de la potée ou les quelques mots du père, allez savoir en ce jour de fête des pères. Ils me virent et m’invitèrent, je sautais par la fenêtre et vint m’installer parmi eux à la table familiale. Non j’exagère, je repartis sur la pointe des pieds.
Texte déposé

Christian Luzerne Conteur de Légendes  


Bonne fête des pères !!! 


samedi 10 juin 2017

LES VOYAGES DU CONTEUR DE LEGENDES

La rencontre de la beauté et de la jalousie

Je me promenais en ce dimanche matin de forte chaleur, quand mon regard fut attiré par une cérémonie. Curieux je m’approchais. Un couple  sortait d’une petite église sous des applaudissements. De jeunes mariés semblait-il. C'était un très beau couple. L'homme devait avoir une trentaine d'années. Tout sourire,  la barbe taillée de près sur les joues, se terminait en pointe, grand, élégant dans son costume de flanelle. Elle, très belle, aux yeux bleus extrêmement doux. Sa tête s'inclinait sous ses cheveux blonds. Magnifique dans sa robe blanche qui lui donnait un air de fée. Quand soudain ma manche fut tirée vers le bas. Je baissais les yeux et vit une très vieille femme, toute petite qui me faisait signe d’approcher mon oreille et qui me dit comme si c’était un grand secret : « qu'est-ce que la beauté? Un pur caprice de l'œil, une fantaisie de l'imagination. Si vous saviez que celle à qui vous passez l’anneau au doigt une fois devenue votre femme,  jettera un jour du poison dans votre café au lait, , trouveriez-vous encore qu'elle a le regard doux et qu’elle ressemble à une déesse ? »  Je dégageais doucement mon bras. Je lui répondis que si c’était la possible récompense de tant d’efforts le jeu en valait la chandelle. Elle parti alors d’un immense éclat de rire grinçant attirant l’attention du jeune couple qui s’avança vers nous. La vieille Dame, d’un air candide dit au jeune homme : « le café au lait vous l’aimez très sucré ou un peu amer ? » et lui sans se départir de son sourire, répondit qu’il ne buvait  que du thé. La mégère grimaça, nous tourna le dos  et parti en courant. Ses pieds ne semblaient pas toucher le sol tellement elle allait vite. Puis elle disparut au coin de la rue.  Quand je me retournais j’étais seul sur la place.  Deux tourterelles roucoulaient. Il me sembla que haut dans le ciel un drôle d’oiseau prenait son envol.  Avais-je rêvé ? Il faisait si chaud.
Texte déposé


Christian LUZERNE Conteur de Légendes


dimanche 4 juin 2017

LES VOYAGES DU CONTEUR DE LÉGENDES
LE VISAGE DE PIERRE QUI PARLAIT
La lune brillait, le ciel était pur, l'air doux. Je faisais ma promenade du soir. Je souhaitais me remettre d’un repas un peu trop arrosé. Je fis quelques pas qui m’entraînèrent dans une longue promenade au cœur de la ville. Je m’abîmais dans mes pensées. Un peu fatigué je m’assis sur un banc. « Qui êtes-vous, et que faites-vous là ? » Dit une voix qui semblait venir des hauteurs de la maison voisine. Je me redressais et regardais vers les hauteurs et j’aperçus un visage de pierre avec deux petits yeux accusateurs, qui me regardaient fixement. « Je cherche à reprendre un peu de souffle », osais-je dire bouleversé et j’ajoutais d’une voix tremblotante : « si vous pouviez me dire comment il se fait qu’une statue parle je vous en serais bien reconnaissant ». ». « Hélas ! Reprit le visage avec un soupir, cette chose m’ait inconnues. Je vous aiderais si je le pouvais ». « Vraiment » osais-je ? « Oui, continua le visage en riant, ce qui me semblait ne présager rien de bon. Votre question m’énerve à la fin».C'est une folie que d’oser interroger un visage de pierre par une soirée comme celle-ci. Seulement, à mon tour laissez-moi vous poser une question. Qu'adviendrait-il de vous si tous les visages de pierre de cette ville se mettaient en ce beau soir à dire, tous en chœur, la vérité sur votre compte ? Que vous leur parlez. N'avez-vous pas peur de perdre votre réputation, mon bon ami ? Vous souhaiteriez peut-être à votre tour devenir pierre de façade » Et il éclata de rire. Quand je me réveillais sur le banc du square, le jour commençait à se lever, frigorifié je me levais et il me sembla entendre ricaner derrière moi.
Texte déposé.
Christian LUZERNE Conteur de Légendes.
Belle semaine sans trop écouter les statues.


vendredi 2 juin 2017



Elle tournait avec une grâce ingénue et svelte, mais non désinvolte, on ne pouvait se contenter d'une muette admiration.
Comme on le doit à ceux qu'on aime, il fallait aussi la couvrir d'attention, sans quoi elle s'arrêterait de tourner. Un petit homme qui se croyait grand voulut l'empêcher de vivre, elle le fit disparaître dans un grand éclat de rire, ainsi se vengent les Belles.
Belle journée à prendre soin de Notre Déesse Mère.