samedi 7 octobre 2017

Les voyages du Conteur de Légendes.

L’âme du château.

En ce jour, après une trop longue marche,  j’aperçus des ruines dans une vallée au-dessous de moi. Je me suis dit que c'était là sans doute un endroit qui pourrait peut-être m’abriter. La nuit ne tarderait pas à tomber et comme personne ne m’attendait, je décidais de me diriger de ce côté. Le lieu que j’avais choisi pour m'y reposer paraissait être un très ancien magnifique château. D’élégantes colonnes se dressaient encore çà et là au milieu des décombres, et quelques appartements, assez bien conservés témoignaient des splendeurs passées de cette demeure. Je cherchais un lieu qui pourrait m’offrir un relatif confort pour la nuit quand j’entendis un véritable sanglot. Il semblait sortir d'une poitrine non pas humaine, enfin c’est ce qui me paraissait, mais plutôt, disons, de celle d'un animal. Je pris la direction d'où venait la plainte et je m’engageais sans trop hésiter dans un long couloir très sombre. Je me retrouvais bien vite devant une très belle porte sculptée qui était entrebâillée, et derrière laquelle venaient ces tristes plaintes. Je la poussais et restais pris d'étonnement sur le seuil. Dans une chambre délabrée, qu'éclairait mal une fenêtre, je vis, posée à même le sol, une grande chouette prisonnière dans une sorte de filet abandonné là, depuis des lustres. Elle avait de grosses larmes qui remplissaient ses grands yeux ronds, et son bec recourbé laissait échapper des sons inarticulés avec une voix enrouée et épuisée. Quand elle me vit, elle s’immobilisa et me fixa. Je m’approchais doucement, et délicatement je la libérais de son piège. Dès qu’elle retrouva sa liberté, elle jeta un cri strident qui me semblait être de joie. Elle s'essuya délicatement les yeux avec ses grandes ailes bordées de roux. Puis elle s’approcha de la fenêtre ouverte sur la forêt, se tourna vers moi et à mon grand étonnement s’inclina dans une profonde révérence, comme on devait le faire autre fois, du temps de la splendeur du château. Elle prit son envole dans la nuit déjà bien avancée. Le château bienveillant, semblait m’inviter à m’installer, ce que je fis.  


Christian LUZERNE Conteur de Légendes. Texte protégé.

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